ÉCOLE SAINT-URSULE

ISPAGNAC

Études : 2022
Projet d’études
Maîtrise d’œuvre : Atelier Clavette
Surface : 920m2

Ispagnac, qualifié de croissant fertile avec ses «jardins de la Lozère» est un village rythmé et fondé par l’agriculture. Son paysage verdoyant et bucolique est marqué par sa topographie diversifiée, entre terrasses, montagnes et plaines.Malheureusement, la route, par son importance, lui ôte son identité en imposant une rupture entre la commune et le paysage. De plus, engouffrant la majorité des activités, cet axe fort appauvrit peu à peu le coeur historique d’Ispagnac. Le projet a pour but de redonner ses couleurs au village et de réintroduire une lecture transversale par des percées du nord au sud. Le paysage naturel, construit et agricole fonctionneraient alors ensemble.

Les percées mettent en lumière la proximité paysagère que le village a avec son site. Elles incitent le regard des passant à s’ouvrir vers l’extérieur, vers les montagne, instaurant un véritable échange entre le paysage et le village. Le projet propose d’un côté des vues et des accès vers les champs, la plaine et les montagnes, et de l’autre, il immisce la nature dans le village par une promenade paysagère qui évolue le long des murs, des cheminements et des venelles. Cette dernière nous conduit de la rue de la ville -au cœur du village historique-vers le chemin royal, aujourd’hui emprunté par les voitures. L’ensemble de ces chemins ascendants font des montagnes, par des dilatations de l’espace public, une toile de fond servant de décor au village.

La percée du couvent prend forme avec un parvis liant l’école privée Sainte-Ursule jusqu’alors masquée par ses murailles, et la bibliothèque municipale accueillie dans l’ancienne chapelle. Par ce dégagement, l’école se lie désormais au tissu urbain et anime l’espace public. Depuis le préau qui nous accueille, les espaces extérieurs de l’école offrent aux enfants une gradation de l’intimité : à l’image d’une forêt, le préau protège les plus jeunes entre ses poteaux et sa charpente de bois, adossé à un épais mur en pierre qui sépare la cour de la route et ses dangers. Depuis cette forêt, l’espaces’ouvre sur une clairière ; une cour pluslargement ouverte, où les jeux les plus foussont permis. Plus au sud, cet espace de jeu se transforme en belvédère, où les enfants deviennent spectateurs des passants dans les jardins publics.

S’installant dans des bâtiments existants, identitaires de la région lozérienne, l’école et la bibliothèque apparaissent de premier abord comme des monolithes opaques, massifs et couverts de pierre. Cependant, une fois à l’intérieur, un nouvel univers prend vie. On y aperçoit alors la forêt de poteaux, les charpentes complexes en bois couvrant des espaces plus chaleureux et protecteurs. Ce lieu nous offre le plaisir d’y découvrir les jeux de vues, de niveaux et de lumière autour des passerelles et des grandes lignes verticales de résineux. Ainsi, ces édifices d’apparence brute, deviennent propices au rêve, au jeu, à l’exploration et à la découverte.